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Vie sportive

Portrait de Jean-Marc LEGRAND

 

« Dites-moi, Merlin l’enchanteur, avant votre grand départ, l’herbe est-elle plus verte ailleurs ? » Si l’herbe est artificiellement très verte sur certains golfs, notre terrain est quant à lui bichonné depuis 33 ans par Jean-Marc LEGRAND, « meilleur green keeper – oscar Patek Philippe en 1989 »[1], référence dans le milieu et formateur de la nouvelle génération, en conciliant technicité et écologie. Une demande de labellisation de notre terrain est en cours pour faire reconnaître ses actions [2].

« J’ai été embauché comme adjoint au golf de Saint Cloud à 27 ans, ne connaissant rien à ce type « d’aire de jeu » (après un IUT TP, j’ai changé d’orientation en passant un BEP agricole). En 1987 Saint-Germain m’a recruté comme green keeper et j’ai découvert ce lieu extraordinaire avec les bois, les plaines, les chevreuils…. On y vivait la réalité naturelle des 4 saisons, jusqu’à l’arrivée de la concurrence des golfs modernes, qui nous a incités à avoir un terrain de qualité constante toute l’année.

J’ai malgré tout introduit une approche écologique du terrain : réduire la consommation d’eau et de produits phytosanitaires chimiques, laisser pousser les zones herbeuses de non jeu pour favoriser la biodiversité pour les animaux, …  Mais aujourd’hui notre attente quant à l’état des greens est élevée alors que l’industrie du gazon n’est pas prête à proposer des alternatives naturelles. Les chercheurs estiment que c’est une aberration écologique d’avoir un gazon de 3 mm. Alors on bidouille, on teste nos propres mélanges, on innove. Saint-Germain porte ainsi la tendance. François Bardet précise : « Jean-Marc est bien plus qu’un influenceur dans le milieu, c’est Merlin L’enchanteur ! Il fait ses mixtures à base de macération de plantes …. » « Jean-Marc est également hors du commun par son ouverture intellectuelle, sociétale et sa maturité sur ces sujets. »

Après, la contrainte, c’est la nature. Avec l’équipe, tous les matins dès 7h sur le terrain on fait face aux aléas naturels comme un champignon qui sabote notre travail sur les greens, les sangliers qui ont tout saccagé, les travaux de la veille abimés par un déluge… Il faut anticiper la nature, choisir une stratégie et faire des compromis. Par exemple, pour avoir un gazon sain et éviter les attaques de champignons spécifiques aux golf boisés et ombragés, on doit élaguer les arbres, ce qui favorise l’aération et la luminosité, tout en veillant à l’esthétique du terrain, cher aux membres. Autre exemple, si on a des compétitions fédérales, on laisse pousser les roughs sur les côtés du fairways pour rester un golf de haut niveau de jeu, mais on coupe les roughs devant les départs pour les membres amateurs.

Jean-Eric Simonnot  prend ma succession cette année. Il fait partie de cette nouvelle génération de green keeper formés à Saint-Germain et également en Angleterre, aux Etats-Unis, en Irlande car toute la recherche sur les gazons est faite là-bas. J’ai toujours recruté des jeunes passionnés, en mettant un accent sur leur formation car c’est la main d’œuvre qui fait la qualité du parcours.

La retraite ? C’est difficile de quitter un club comme celui-ci. Je vais peut-être me mettre au golf … marcher en forêt, aller au ciné et voyager !

 

Jean-Marc Legrand

VP de la Société Française des Gazons

Ancien membre actif de l’association des green keeper

Membre du comité de pilotage du diplôme intendant FFgolf

[1] meilleur green keeper selon le Prix Patek Philippe du meilleur terrain 1989

[2] Label argent en cours dans le cadre du programme golf pour la biodiversité porté par le muséum national d’histoire naturel et la FFgolf